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Le Plan de déconcentration peaufiné à Sikasso

L’Administration territoriale est très concentrée. Pour plus d’efficacité, il convient de la déconcentrer. Cela consiste à ce que l’Etat central renforce ses structures de la base, notamment aux niveaux régional, du cercle et de l’arrondissement. C’est justement ce qui a occasionné un atelier dit de validation du Plan de déconcentration tenu à Sikasso du 19 au 21 avril 2016 avec l’appui du Projet d’appui institutionnel du Ministère de l’Administration territoriale. 

Le Mali a opté, depuis l’avènement de la démocratie, pour une politique de décentralisation poussée. Un transfert de compétences a été accompagné par beaucoup de partenaires.

 

Malheureusement la décentralisation est allée loin et l’autre pied qu’est la déconcentration n’a presque pas bougé. C’est ainsi que le PAI (Projet d’appui institutionnel) a été saisi par requête du ministre de l’Administration territoriale pour l’accompagnement technique et financier de son plan de déconcentration. 

 

«Nous avons répondu favorablement à cette requête qui s’inscrit dans les objectifs globaux et spécifiques du Projet», a expliqué d’entrée de jeu M. Aliou Sissoko, le responsable national du PAI/MAT.

L’objectif global de l’atelier était de soumettre le draft du plan de déconcentration à l’appréciation du cabinet, du Secrétariat général, des Directeurs des Services centraux et rattachés du ministère de l’Administration territoriale, les représentants de l’Etat au niveau des circonscriptions administratives et certains services centraux du ministère de la Décentralisation et de la Reforme de l’Etat en vue de valider un plan de déconcentration des deux secteurs.

Mais, dès l’entame des travaux, le Conseiller Technique Mamani Nassiré (représentant le ministre de l’Administration territoriale) a rectifié le tir en attirant l’attention que ce n’est qu’une pré-validation du plan de déconcentration et non une validation. Selon lui, cet atelier ne peut pas valider un document qui doit engager le gouvernement. Après murmures et incompréhension, les organisateurs ont fini par comprendre et adopter la position du Conseiller technique.

Le Ministère de l’Administration territoriale a entamé un processus d’élaboration d’un Plan de déconcentration à travers la Cellule d’appui à la décentralisation et à la déconcentration (CADD) et avec l’appui technique et financier du Projet d’appui  institutionnel pour le pilotage stratégique de la décentralisation et de la déconcentration (PAI MAT MDRE) de l’Agence Belge de Développement (CTB) au Mali. 

Pour le rendre plus digeste voire facile à être mise en œuvre, deux ateliers ont travaillé sur ce plan avec une phase diagnostic et une phase validation. «Il fallait apprécier les résultats du premier atelier tenu en février dernier et approfondir la démarche», a souligné le Conseiller technique Mamani Nassiré à la cérémonie d’ouverture. En revanche, vue l’importance du chantier, tout laisse croire que  le document n’est pas à son dernier conclave. Il sera donc passé à travers le tamis d’experts nationaux. 

 

Des attentes à tous les étages

« Cet atelier va amener beaucoup d’amélioration dans la gouvernance. La décentralisation n’est pas accompagnée de la déconcentration même si on constate une volonté de meilleure gouvernance locale», a constaté le Préfet adjoint de Kénieba, Abdoulaye Coulibaly. 

Pour lui, «il va falloir renforcer le niveau cercle en termes de gouvernance des collectivités, car nous sommes convaincus que le développement viendrait de la base vers le sommet», a-t-il dit.

Le diagnostic qui a été posé a montré que l’Etat du Mali est fortement centralisé et les structures de déconcentration ne sont pas en marche. Tous les experts sont d’avis que la déconcentration doit commencer par le niveau cercle. 

Cet avis partagé par tous les participants se trouve être la colonne vertébrale d’un document intitulé : «Plan de déconcentration du MAT-Ministère de l’Administration Territoriale».

«Le document soumis à l’appréciation des experts propose que le niveau cercle soit renforcé pour que la déconcentration soit efficace, efficiente dans le développement économique, social et culturel. Il y a aussi des propositions ambitieuses telles que faire du représentant de l’Etat au niveau arrondissement l’autorité de tutelle des communes», a expliqué l’Inspecteur de l’Intérieur, M. Alassane Diallo. «Pas de décentralisation sans exercice de la tutelle», conclut M. Diallo.

Un autre problème dégagé par les chefs des circonscriptions administratives est le déficit criard de personnel, avec son corollaire de postes vacants. «Au regard du nombre de départ à la retraite, c’est préoccupant. Surtout la catégorie A dans trois ans ce serait un gros problème», souligne le 1er adjoint au Préfet de Barouéli, Fodio Fané. 

Pour pallier ce problème, il propose une politique d’ouverture, c'est-à-dire permettre à ceux qui ne sont pas de la catégorie supérieure de pouvoir y accéder. Cela passe par le renforcement des capacités. Sans compter ce qu’il appelle les «mesures incitatives» pour ceux qui servent dans des zones difficiles. Aussi, a-t-il invoqué la gestion prévisionnelle des besoins dans les circonscriptions administratives.

 

Mieux accompagner la décentralisation

«La déconcentration doit se faire aussi au niveau financier et au niveau des transferts des compétences», a pour sa part martelé le Conseiller administratif et juridique du gouvernorat de Mopti, Abdramane Tangara. Selon lui, au niveau financier, le gouverneur est ordonnateur secondaire. Mais, au niveau du cercle et de l’arrondissement, rien n’est prévu. Aujourd’hui, il faut poursuivre cette déconcentration jusqu’au niveau préfet. Cela va entrainer des changements puisque le service du budget n’est pas déconcentré jusque au cercle.

Ce plan de déconcentration a été envisagé dans le cadre de l’accompagnement de la décentralisation notamment dans les aspects de transfert des compétences et de ressources. «On s’est rendu compte que  la déconcentration accuse un retard par rapport à la décentralisation», a expliqué Mamani Nassiré. 

Avant de revenir à la charge à la clôture des travaux en rappelant, «on ne pourra pas adopter le plan parce qu’il y’ a beaucoup d’insuffisances à corriger (beaucoup de confusion de terminologie et de construction juridique et institutionnelle). C’est pourquoi cet atelier va nous permettre de peaufiner ce document afin de le valider lors d’un atelier national».

Somme toute, cet atelier a permis à nombre de chefs des circonscriptions administratives de pouvoir connaître les textes pour que tout le monde soit au même niveau d’information. Cette initiative va surtout jeter les bases d’une déconcentration annoncée tambour battant.

Alhassane H. Maïga,

Chargé de Mission/Communication MAT